J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)
vendredi 4 juillet 2025
samedi 28 juin 2025
Pertuis /6
À la limite de ce que l’œil peut comprendre de ce qui, devant lui, se dresse. Comme une vision de myope au réveil, quand on n’a pas encore chaussé ses lunettes, et que le monde n’est pas vraiment le monde, mais un territoire indistinct où tout est possible et rien n’est sûr . Une vision ténébreuse et pleine d’inquiétude. Comme si, dans cette semi-obscurité, une chimère allait se réveiller, prendre forme et s’emparer du pouvoir.
Un monde est en train de s’écrouler. On ne distingue plus ni le haut ni le bas. Tout, peut-être, est en train de se consumer dans des flashes de lumière verticale, dans des déchirements de chairs. Une apocalypse se donne à voir, c’est à dire une révélation de ces masses sombres cachées, plomb fondu, au fond de chacun d’entre nous. Ruines de nos mémoires, où il subsiste des traces à conserver, à protéger, à révéler.
La rubrique avec ce libellé Pertuis: un texte en deux parties en écho à des œuvres picturales, artistiques, que j'ai choisies mais qui ne sont pas nommées. Trois œuvres du même artiste seront proposées.
samedi 14 juin 2025
Pertuis /5
L’œil se laisse toujours séduire par ce qui brille. Des pépites d’or sur des pages de plomb, au gris cendré de béton. Pétrifiés, des livres ouverts gisent au sol. Mais avec des gouttes d’or disséminées dessus. Quelque chose qui s’échappe et survit de l’anéantissement évoqué. Des graines dorées qui se donnent à être, à vivre à nouveau. Rien n’est perdu, tout est possible encore. Les grains d’or de ce qui survit, la poésie, l’art malgré…
Face à ce linceul des silences, des pépites au service du sacrifice qui se révèle. Des stigmates que la vie a creusés. Les uns ne vont pas sans les autres. Et c’est le choc du plomb et de l’or, des cendres et des paillettes, de cette secousse que peut naître une pensée qui interroge, un dialogue qui peut s’instaurer au-delà de ce qui peut tenter de se dire. Ne pas craindre de se questionner encore.
vendredi 30 mai 2025
Pertuis/ 4
C'est dépeindre un instant précis qu'il faudrait, les secondes qui ont fait basculer mon équilibre et ont renvoyé froidement vers moi, aux tréfonds. C'est une entrée dans une vaste galerie d'exposition en solitude. Personne dans les salles gigantesques en hauteur et en en largeur . Se sentir happée par le silence et la force des tableaux qui recouvrent les murs. Marcher vers le tableau. Entrer dans la peau de la peinture comme en une mer.
Mais ce n’est pas de l’eau, c’est une forêt ample, touffue, noire, un creuset de songes, un reliquaire de langues. C’est la terre des peut-être entre les lignes de faille et les secousses de silences, entre les inclinaisons de lumière et la prégnance de certaines ombres. Un univers se déploie, l’horizon disparaît, des voix s’élèvent, c’est l’opéra des petits riens qui se joue, un ténor entre en lice puis une basse fait trembler les viscères.
La rubrique avec ce libellé Pertuis: un texte en deux parties en écho à des œuvres picturales, artistiques, que j'ai choisies mais qui ne sont pas nommées. Trois œuvres du même artiste seront proposées.
jeudi 24 avril 2025
Pertuis /1/ 2 / 3
Voici les 3 reproductions de tableaux de Georges Rouault qui ont déclenché un texte en écho dans Pertuis1 / 2 / 3
1/ ce tableau fait partie de la série Miserere et s'intitule: Qui ne se grime pas ?
2/ Crépuscule
3/ La fuite en Egypte