J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

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jeudi 12 février 2026

Quatrain/ 190

 

un battement de peu

juste une frange de moi-même

un point bleu

d’un petit rien embroussaillé



samedi 24 janvier 2026

Quatrain/ 189

 

la verticale se ressaisit

on amarre les ailes de lumière

au carrefour de l'impensable

on sort et recommence

 

mercredi 14 janvier 2026

jeudi 8 janvier 2026

Choses à ne pas laisser perdre

 


(on dirait bien qu’il n’y a pas un souffle d’air pour éveiller le dehors)

fraction de seconde — où tout peut basculer — ou non — mais cette intensité de l’instant — ce qui se nomme imprévu — et penser inattendu mais aussi l’infime — ce que personne ne sait vraiment voir — ce qui du dehors vient rayer la face du jour — cette impulsion qui donne la pulsion nécessaire — à gribouiller quelques mots — à s’arrêter — et à se dire là il y a quelque chose — un possible à prendre en compte — une faille où se laisser glisser un instant — et ces bribes de soudain — les retenir — 

vendredi 2 janvier 2026

Quatrain/ 187

 

dans la phrase jusqu'au cou 

à force de marcher en soi  

juste la béance la plaie

chercher son fantôme

jeudi 18 décembre 2025

Quatrain/ 186

 

dans un recul de l'hiver

un noir si profond

sur une vitre creusée de bleu

accueillir l’enfance

dimanche 14 décembre 2025

Choses qui posent question

 

( on pourrait juste dire que la lumière est bien là)

à cheminer entre passé et présent — à ne plus savoir qui on est vraiment — qui avoir été — et qui aujourd’hui colonise mon esprit — le corps n’est pas en cause — ce sont juste les pensées ou les idées que l’on croit inébranlables — mais quelles sont-elles réellement — le mot cohérence est-il celui que l’on recherche — quelque chose de fragile même ferait l’affaire — pour reprendre pied — pour se rassurer — tout est tellement flou — et l’on aimerait avoir une vision claire des choses — ne plus vivre dans un doute continu — qui nous dévore — 

mercredi 10 décembre 2025

jeudi 4 décembre 2025

Choses apaisantes

 


(des reflets de soleil  se dorent sur les fenêtres des immeubles)

la lumière redonne forme — comme des souvenirs dont on ne savait plus rien — enfouis dans les nimbes remontent en mémoire — on sent que le ciel sera bleu en ce jour — laisser venir ce qui doit — sans espérer monts et merveilles — prendre le temps des respirations — et celui de l’attente — laisser filer les mots de la nuit — les remous des jours passés — espérer les pattes de mouche sur la page — les traces de ce vivant en soi — et tendre les bras et les mains dans cette lumière presque inattendue — 

 

dimanche 30 novembre 2025

Quatrain/ 184

 

entre moi et l’autre

à peine de quoi trouer le silence

les mots n'ont pas de sens

se calfeutrer et parler de rien

samedi 22 novembre 2025

Choses pleines de questions

 


(de gros buissons touffus et informes derrière la fenêtre comme un miroir)

des interrogations en tête — qui s’élancent et bourgeonnent — rivalisent d’intensité — puis s’éteignent — se fanent avant même d’avoir offert la fleur d’une réponse — retour en arrière sur un passé lointain désormais — tenter de comprendre des choix — à certains carrefours — des abandons — des changements de routes — les courbes et méandres d’une vie — et reconnaître la base solide de ce qui fut — malgré ce qui aujourd’hui m’est devenu étranger — ne rien renier — ou jeter aux orties — ce fut ainsi — et on continue d’avancer — même si le chemin se resserre un peu — 

jeudi 20 novembre 2025

Quatrain/ 183

 

voix greffées au vent

seul l'étrange éveille

lance-toi vers l’aval

d’encre et d’alluvions

vendredi 14 novembre 2025

Choses qui sont ainsi

 


(un freux tout en haut du grand sapin une envie de dialoguer )

méditer avec lui sur le passage du temps — sur l’invisible ou ce qui échappe — mais que lui contemple du sommet de l’arbre — nous sommes deux à réfléchir — à prendre le temps de l’arrêt — la tête malaxée des silences qui creusent — et qui murmurent entre nos tempes — qui alimentent cette rumeur sourde — dans cet au-dedans de soi — quelle cette voix sombre et stoïque toujours là — cette voix qui chemine dans la chair — de son plumage noir elle effleure elle égratigne — et abandonne de petits cailloux — ne pas l’égarer — 

samedi 8 novembre 2025

Quatrain/ 182

 

dans le creuset de la mémoire

errant de soi-même

le bruit des feuilles sous les pas

savoir ce que l'on sait

jeudi 30 octobre 2025

Quatrain/ 181

 

l’alluvion des nuits

d’encre et de moire

se lance vers l’aval

comme une phrase

vendredi 24 octobre 2025

Choses qui font perdre l'équilibre


 

 ( se lever avant la venue du jour et rester longtemps dans sa nuit)

se débarrasser des images du réveil — lourdes et glauques — celles qui ont nourri les rêves — celles qui ont grignoté la nuit — et celles qui tentent à s’incruster quelque part en soi — à se répandre en écho — à se disséminer entre les strates de pensées — comme la marée montante culbute les galets — attendant et guettant les fissures — puis s’étalent et génèrent une sorte de vertige — un léger déséquilibre — et l’on cherche à y mettre fin — en l’écrivant le décrivant — afin de respirer enfin l’air frais du matin — 

mercredi 22 octobre 2025

Quatrain/ 180

 


pauvres pas essoufflés

nous sommes errants de nous

dégustons le bruit des feuilles sous nos pas

sang épais dans la bouche

dimanche 12 octobre 2025

Choses qui tourbillonnent

 


 ( lentement la lumière du matin se dilue sur le jardin)

dans les tourbillons des paradoxes — les pensées se tricotent et se détricotent — délivrent quelques lumières — comme on allume les bougies d’anniversaire — s’écrasent sur l’autrement du temps qui surgit — tentent une langue imprévue — avec de petites attentions — l’amorce d’un bleu ardoise — une surenchère d’un bleu outremer — une transparence de blanc — ces pensées morcelées dissimulent les grincements du corps — lancent des hypothèses pour le jour qui vient — déposent un refrain sur les lèvres — dans une langue ancienne — que l’on retrouve sans trop savoir comment — et qui se chantonnera encore et encore —

vendredi 10 octobre 2025

Quatrain/ 179

 

pour suturer le temps

la lumière frotte sa langue

à l’abri des rafales

pour faire monter l’intense

jeudi 2 octobre 2025

Choses qu'on voudrait autres

 


( comme un nouveau ciel bleu qui s’installerait)

à nouveau cela brasse encore en tête — des saccades d’angoisse surgissent — se sentir comme une pierre — des instants où les mots se brisent — les lèvres que l’on serre un peu trop fort — ou que l’on mordille sans s’en apercevoir — des gestes de doigts saccadés — se tourner vers le ciel — à la recherche d’un nuage de calme — une respiration plus lente — une sérénité soudaine et stable — une parole qui traverse irriguée de mots doux — des éclosions d’images d’un bleu doux — des murmures sucrés — de longues lampées d’air — un rythme de souffle sans remous —