1/ Quand tous les côtés de soi, toutes les facettes de ce qui nous
constitue se mettent à murmurer en même temps, puis parler, et
appeler un peu plus fort et qu’il faut tenter d’entendre toutes
les voix, de donner à chacune sa raison d’être, sa place juste.
Entre le cœur et la raison, cela remue. Il faut juste trouver le bon
équilibre et tenir les deux axes entre les mains.
2/ Oui, chaque jour pourrait commencer ainsi, d’une manière
paisible et dans une lenteur telle que s’étireraient les heures de
la matinée pendant un temps deux fois plus long que les heures de
l’après-midi, où le temps de la pensée et de l’écriture
serait donc plus long et plus intense aussi, de façon à pouvoir
épouser les contours de tout ce qui importe vraiment, et permet de
trouver un juste équilibre.
3/ Ce qui va éclore, et dont on n’a nulle idée, ce qui germine en
nous, ce qui s’est ramifié depuis la toute petite enfance et va
continuer à proliférer, tout cela me remplit de curiosité,
d’intérêt. Reparcourir les chemins de sa vie, alors que l’on
n’est pas si loin que ça de la fin, et rester curieuse des
rencontres, des lectures à faire et ce qui pourrait bien encore
s’écrire.
4/ Quand les ombres qui nous recouvrent laissent un peu de lumière
se mêler à elles, des clairières trouvent à creuser leur place,
semblables à ces aires où l’on arrive après une longue errance
en forêt, et que, soudain, on a la sensation que l’on a marché
sans savoir pourquoi, sans savoir où nos pas nous portaient,
peut-être même nous guidaient, mais que, finalement, c’est bien
là que l’on souhaitait arriver.
5/ On existe lorsque l’on est chez soi, dans son intérieur. On
existe lorsque l’on est dehors, dans cet extérieur mouvant. Est-on
la même personne ? Physiquement probablement à quelque chose
près – on porte peut-être davantage attention à son apparence.
Mais mentalement, il y a sans doute quelque chose qui se modifie ;
le regard se doit d’englober des clairs et des obscurs dont il faut
bien prendre note et soin.
6/ S’emparer d’un mot attrapé au vol dans une lecture ; il
trônait seul sur une page comme titre de chapitre, excepté que tous
les autres chapitres n’avaient pas de titre. Non, juste un mot
écrit en lettres capitales au centre de la page de gauche, et sur la
page opposée le récit reprenait son flux. D’où, bien sûr,
l’arrêt mental sur ce mot sans article, un éclat :
LUMINESCENCE
7/ La fine paroi du mot choisir tremble sous les assauts de tout ce
qui nous cerne et de ceux qui nous entourent. La sensation de se
sentir libre de nos choix est fragile, et presque irréelle. Mais il
faut tenir continuer à croire en cette capacité de notre libre
choix, même dans cette semi obscurité, il y a toujours des ombres
et de la lumière, où nous continuons de progresser.