J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

mardi 6 janvier 2026

Ricochets/ Année 3/ Semaine 1

 


1/ Dans cet entre-deux factuel des ans : plus vraiment l’un et pas encore l’autre, en équilibre sur la passerelle des jours qui tangue un peu. Et de l’entre-deux de soi qu’en est-il ? Ça n’est pas très stable non plus. On se dit que ce qui compte c’est d’être en mouvement, de toujours avancer, de se tenir toujours dans ce devenir dont on a la conscience qu’il est le nécessaire.

2/ On raconte, on écrit toujours le même récit : c’est l’histoire d’une femme qui se tient derrière la fenêtre. Elle est à l’intérieur d’une maison et son regard se déporte sur ce qu’elle imagine pouvoir exister à l’extérieur. Depuis des années, elle regarde, elle ne sait que faire cela. Fixer le dehors sans rien espérer d’autre que la venue d’un oiseau, un rouge-gorge qui se poserait là, ce serait bien.

3/ Toutes les versions de soi, de ce que l’on est réellement, s’accumulent au fil des ans. Ce sont tous ces plis sur la peau qui tentent de contenir les différents aspects de ce que l’on a été. Et lorsque les ans s’accumulent, on cherche à comprendre les mutations qui se sont opérées. Et à délivrer ce qui est resté enfoui. De quels silences se revêtir pour poursuivre le chemin ?

4/ Le livre est un jardin de flâneries où des effluves nous recouvrent, où des couleurs se mettent à composer un arc-en-ciel, où des murmures nous percutent, et tout aussi inopinément des mots se mettent à s’articuler sur nos lèvres, des phrases se font écho. Cela est pris dans le courant d’une dérive, on se laisse emporter guidé par un mouvement, un flux qui naît, court un temps et puis meurt.

6/ De l’importance de ces temps d’insomnies qui jaillissent certaines nuits, où des associations d’idées se forment, des projets se mettent à vibrer avec la sensation qu’ils sont possibles, des directions se font jour, des bifurcations nécessaires, des abandons utiles ...Tout paraît clair, se parer d’évidence Au matin, il faut faire face à la discipline que requièrent ces avancées et ces divagations nocturnes et quelques unes ne peuvent passer ce cap.

7/ Quelqu’un parle dans mes rêves de manière à me faire croire que c’est moi qui énonce ces mots. Dans les rêves et dans les pages qui se remplissent sous mes yeux, il y a quelqu’un qui émet des suppositions, développe des idées, énonce des vérités, produit des arguments, prend des décisions dont il faudra bien suivre le cours sinueux ou improbable par la suite. Et c’est ainsi que cela advient.

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