Dimanche 19 juillet 1931
:« C’est un chef-d’œuvre, me dit Leonard en arrivant ce matin dans mon pavillon, et le meilleur de vos livres. » Je relate cela, ajoutant qu’il trouve d’autre part les cent premières pages d’une extrême difficulté, et qu’il se demande comment le lecteur moyen pourra les suivre. Mais Seigneur, quel soulagement ! Dans ma jubilation, je suis sortie sous la pluie pour faire un petit tour jusqu’à la ferme du Rat, et je suis presque résignée à l’idée que l’on commence à bâtir une bergerie et une maison attenante, sur la pente près de Northease.
Lundi 10 août 1931
J’ai maintenant – dix heures quarante-cinq – lu le premier chapitre des Vagues et n’y ai apporté aucun changement, sauf deux mots et trois virgules. Oui, de toute façon, c’est au point. Cela me plaît. Et pour une fois, mes épreuves partiront avec quelques traits de crayon seulement. Mon humeur s’en ressent. Je me dis : « Je saute mes barrières. » Nous avons invité Raymond. Je cours vers la haute mer, en dépit des migraines, de l’amertume. Je vais maintenant m’occuper de Flush.
Virginia Woolf " Journal d'un écrivain" (Traduction de Germaine Beaumont )
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