Samedi 15 août 1931
Je me sens tout agitée. Je relis les épreuves mais n’en puis lire que quelques pages à la fois. Il en était ainsi quand je l’écrivais, et Dieu sait quelle vertu il possède, ce livre inspiré !
Dimanche 16 août
Je devrais vraiment faire mes excuses à ce journal pour l’utiliser ainsi, comme exutoire à mon désœuvrement. C’est-à-dire que j’ai corrigé mes épreuves (le dernier chapitre ce matin) et je m’aperçois que je dois m’arrêter au bout d’une demi-heure et laisser mon esprit se détendre après ces moments de concentration. Je ne puis écrire ma Vie de Flush parce que le rythme en est mauvais. Les Vagues sont du moins une œuvre tendue et serrée puisque mon cerveau en reste à ce point contracté. Que vont en dire les critiques ? Et mes amis ? Ils ne peuvent évidemment trouver grand-chose de neuf à dire.
Lundi 17 août
Il est maintenant midi et demi passé. J’ai terminé les dernières corrections des Vagues ; fini les épreuves, qui vont partir demain et que je ne regarderai jamais, jamais plus, j’imagine.
Virginia Woolf "Journal d'un écrivain" ( traduction Germaine Beaumont)
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