1/ Étrange sensation de relire les premiers Ricochets que j’ai écrits, en 2024 donc, afin de les rassembler dans le nouveau site qui est en construction et qui sera très bientôt ouvert à tous. Revisiter une écriture, se reconnaître dans les mots, et voir avec précision telle ou telle allusion à quelque chose de vécu, de ressenti. C’est comme si j’avais réellement existé. Broder quelque chose de soi d’entre les ombres.
2/ C’est venu lentement en fait comme on peut glisser dans le cours d’une journée, comme sur la surface de l’eau. On ramasse un peu de lumière, on la tient sombre entre ses mains, on se souvient de là où tout a commencé, entre le ciel et ses invisibles. Croire assez en soi pour passer outre les déchirures qui se creusent. Faire ensuite le pas qui vient après sans se retourner.
3/ Le passé, comme une pénombre caverneuse, où ruissellent des souvenirs un peu flous sur une litière de mousse. Plus on s’enfonce et plus cela s’éclaircit. Des images s’animent comme sur ces reconstitutions que l’on voit fleurir désormais à partir d’une carte postale ou d’une photo ancienne, les personnages prennent vie, se meuvent dans l’espace et semblent même vouloir dialoguer avec nous. Soudain affleure la sensation de l’intensité des êtres disparus.
4/ Cela commence à s’écrire bien avant de se trouver face au clavier de l’ordinateur, ou de se saisir d’un stylo et d’un carnet d’écriture. Être toujours à l’écoute des bribes de phrases qui naissent sans crier gare, aux aguets de cette source qui s’écoule sans contrainte de l’intérieur de cette terre intime. De ce silence émerge, dans le dialogue avec le pas, tout un verbiage dont on ne savait rien.
5/ Il arrive qu’un paysage à l’improviste de promenades, s’offre à notre rencontre. On reste alors sans voix, sans mots, mais attentif à s’abreuver à tout ce qui vient de s’offrir au regard. Ce qui se diffuse en soi dans ces moments-là reste dans le domaine de l’indicible. C’est comme un transfert de sensations, d’émotions, puis tout se replie en soi comme dans les étoffes plissées sur les tableaux de Vermeer.
6/ Me dire que je vais me remettre à la photographie que j’ai délaissée ces derniers temps. Envie de renouer avec ce chancellement de l’esprit lorsqu’il est happé par une vision, le désir d’une mise en image mais pas seulement. Quelque chose d’autre se produit dont on sait juste que durant ces appels-là, on bascule dans une autre vie, un autre soi, à la rencontre fortuite des silences qui nous cernent.
7/ Un pan de paysage, avec des ifs alignés et pointant leur cime dans ce ciel si bleu de Provence, me sollicite. Je cherche le bon angle pour cadrer avec ciel et clocher, mais sans avoir le vol d’oiseaux qui a traversé. Cette image de ce matin reste en moi sans en connaître la raison. Cela a chiffonné mon regard et des plis restent inscrits sur ma rétine et ma mémoire.

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