J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

samedi 2 juin 2012

Going Home










I love to speak with Leonard
He's a sportsman and a shepherd
He's a lazy bastard
Living in a suit

vendredi 1 juin 2012

manière d'être

La lecture n'est pas une activité séparée, qui serait uniquement en concurrence avec la vie; c'est l'une de ces conduites par lesquelles, quotidiennement, nous donnons une forme, une saveur et même un style à notre existence.

Marielle Macé "Façons de lire, manières d'être " ( Gallimard essais 2011)

jeudi 31 mai 2012

secret

044
                                 Tous les jours et par tous les temps
 
065 
                                   la promenade solitaire
                                       dans les méandres du souvenir.

Pierre Reverdy  "Le livre de mon bord"

mercredi 30 mai 2012

narcisses

 008 009010 
                              sur les nappes blanches
                              s'étalent
                              des méandres 
                                                   de pensées
                             

mardi 29 mai 2012

Une crue

Une crue de pensées affouille. Cela sourd sans savoir. Cela suinte, s'étale, dégorge et inonde tout comme en un pré de printemps les ruisseaux, aux méandres et aux noms savoureux, débordent de leurs creux et veinent les pelouses tendres, couvertes d'immenses nappes blanches de narcisses tachetées de scabieuses, pensées, pulsatilles, myosotis ou renoncules. Le ruisseau transparent, inséré par sa propre pesanteur et par les pluies denses qui l'intensifient, donne la direction à suivre. Marcher le long, sur la terre grasse de sa rive, remonter le cours ce qui ce jour affleure et enfle, jusqu'à trouver la source.

samedi 26 mai 2012

naviguer


                            errer au seuil
                            des silences tissés
                            sous les soupirs

vendredi 25 mai 2012

entre les eaux

                     
                     passager d'un songe
                     aux peintures éphémères
                     vagabondage lunaire

               
                                   

jeudi 24 mai 2012

Les lendemains

Les lendemains lunaires, où l'on erre dans un halo plein de pollens que l'on implore, afin d'être pris comme passager dans leur vagabondage aérien, pour naviguer, encore et encore, entre les langues et les eaux, lestées de peintures éphémères. On tisse sous les soupirs, une étoffe de songes où se brode au fil sang le cordon qui relie à la mère. Ce qui niche dans le silence, au seuil des mots, et qui étreint comme une crue.

mercredi 23 mai 2012

jusqu'au sang

                              la houle d'ailes
                                                     ondule le long
                      des talus luisants
                                  rêve rouge

mardi 22 mai 2012

comme un p'tit coquelicot









                           

lundi 21 mai 2012

Le chemin

Le chemin, le long du talus aux ailes rouges, déplace la pensée sur le palier luisant du passé aux chansons douces. Rester au plus près de la terre, planter son regard sur les pétales, glisser sur le velours du temps et se laisser emporter par la houle jusqu'au sang. S'engouffrer dans la brèche d'une nostalgie sereine, s'allonger et devenir brin d'herbe ondulant dans le ruissellement de l'émotion à contempler les friches de l'étendue d'azur où se devinent les rêves des lendemains.

samedi 19 mai 2012

entre les ailes

                                        souffle suspendu qui se fait chair
                              dans l'étoffe du jour


jeudi 17 mai 2012

Souffle

Souffle léger entre les ailes d'un trèfle à quatre feuilles, souffle du rythme fredonné dans la tête, souffle qui froisse l'étoffe du jour, souffle de la langue qui se fait chair, souffle suspendu aux lettres muettes, souffle qui sépare les pluies et déchire les friches, souffle du causse sur l'herbe et sur la peau, souffle suspendu à l'abord des lisières, souffle frissonnant dans une confusion de lèvres, souffle vacillant quand se drape la vie, souffle qui étreint dans une coulée d'étain, souffle qui féconde quand s'écrit le chemin.

mercredi 16 mai 2012

Palpitement





visage de l'insolite










                        on oublie les ravines d'ombre
















              
                                                                    et on fouille la lumière

mardi 15 mai 2012

Quelque chose de bleu

Lire. Ecrire. Marcher.
Imprimer ses pas dans ceux de Rousseau, humblement, fièrement, bien sûr, s'orienterait-on sans sauvegarde par les pistes moins tortueuses que frappées d'interdits qu'il eut le cran de pratiquer.
Gribouiller le silence.
Contempler à son tour, la nuit, l'impénétrable ossuaire d'astres et de froides planètes où gisent tant de divinités.
J'aime Rousseau.
La déclaration n'est pas raisonnable.
[...]
Et si marchant, marchant avec lui, jusqu'à ce bosquet, là-bas, ces pans d'obscurité ou ces dalles d'azur qui se délitent à l'intérieur des nues, il se peut qu'on se perde, ce sera volontiers.
Pour la fontaine d'un village.
Un sourire.
Une poignée de griottes.
Des gestes de défi. Un baiser sous des acacias. Quelque chose de bleu.

Lionel Bourg "La croisée des errances" Jean-Jacques Rousseau entre fleuve et montagnes publié à  La fosse aux ours ( décembre 2011) 
Vous pouvez retrouver une interview de l'auteur  sur le blog collectif "à la brise"