J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)
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mercredi 14 novembre 2018
comme si
comme si la nuit
et ses ombres retrouvées
une brèche de bleu
pour enraciner les songes
et dehors et dedans
se tiennent gris serrés
mercredi 19 juin 2013
bleu Hantaï
froissée pliée dépliée la toile respire de
couleurs en un vitrail de bleus où pulsent
les déchirures de lumière.on entendrait le
dehors dans le dedans,un lacis d'arbres et
d'oiseaux emmêlés espacés où la mémoire se
fractale dans les traces de l'oubli.écrits
des blancs de nos vies dans ces fragments,
où perce le silence, ce qui échappe à tout
regard et laisse surgir une présence dense
(Les photos ont été prises à l'exposition Simon Hantaï au Centre Pompidou visible jusqu'au 2 septembre 2013)
mardi 18 juin 2013
bleu Chagall
comme penché à la fenêtre on regarde le bout
d'histoire qui se déroule avec ses songes et
ses délires ses anges et ses voiles les ânes
les violons les visages inclinés retournés à
contempler l'autre face du monde où nébuleux
les êtres aimés planent dans l'ombre du bleu
qu'il soit de prusse ou de cobalt ce bleu de
rêve qui dit la vie intense et l'union entre
réalité et inconnu : la couleur comme un mot
Les photos ont été prises à l'exposition Chagall au musée du Luxembourg à Paris
vendredi 14 juin 2013
jardin du Luxembourg 2
et toujours mes pas reviennent à la fontaine
médicis où alanguis demeurent le berger acis
et galatée avant que le cyclope polyphème ne
jette le rocher pour écraser son rival jeune
et beau que la jeune fille lui préférait. et
ovide raconte que galatée transforma acis en
rivière :le sang d'acis en eau coula.on aime
les histoires qui reviennent de loin,élégies
qui glissent entre les doigts d'aujourd'hui.
jeudi 13 juin 2013
jardin du Luxembourg
je marche sur la poussière blanche du jardin
du luxembourg avec la joie enfantine presque
ridicule de qui monte à paris avec le regard
neuf à chaque carrefour.je marche auprès des
ombres pour voir ce qui prend naissance dans
cette source secrète,dans ces recoins vagues
où tout s'épouse soudain entre feuillages et
pierres, chair et eau.je marche pour habiter
le doute caché là jusqu'à la ligne d'horizon
mardi 11 juin 2013
marché de la poésie
à trop s'attarder sous l'arche des livres,
une façon comme une autre d'être au monde,
on trempe ses yeux en des entailles fortes
de la langue où le poème éclipse le soleil
du jour pour tenir sur la crête de lumière
et tant bien que mal jouer avec l'horizon.
on croise ici ou là dans les travées ou le
bistrot du coin antoine emaz ou siméon .on
ne dit rien,on feuillette,on achète un lit
de mots où trouver des étoiles concassées.
jeudi 13 décembre 2012
entre deux rives 3
Dans les yeux,
quelques éclaboussures, des morceaux du monde de la nuit ajustés
n'importe comment, des écorces de langue qui frappent au carreau de
l'enfance. Ce qui se dérobe s'éloigne jusqu'aux rives de l'oubli , un
voile sur les paupières protège les secrets. Lire les mots qui se rencontrent et délivrer la langue, celle qui se livre dans les blancs.
mercredi 12 décembre 2012
entre deux rives 2
A chaque nuit ses silences.Dans le cloître des rêves, on ne devine que des lumières, le vide entre les choses, une buée, une trace de doigt sur la vitre. On reste avec ses questions, ses doutes, au sein d'une lueur, d'un bruissement peut-être. On cherche l'équilibre sur des ombres en désordre.
mardi 11 décembre 2012
entre deux rives 1
Quand le jour exténué cède au trop plein de la nuit, quand les voix se terrent, quand le sommeil aux ailes déployées enchevêtre, on aimerait trouver cette force d'arbre pour disséquer l'infime où tout soudain bascule. Entre deux rives, le corps s'abandonne, la pensée frissonne, se déplace vers quelque image de vertige. Et l'on ne sait rien du seuil que l'on foule.
vendredi 23 novembre 2012
Triptyque 9
La sève évanescente, les feuilles jaunies se délitent avalées par la nacelle de l'eau.
Il y a là tatoué un funambule qui épouse les courbes du silence et se laisse divaguer sur un berceau de velours.
Veille encore au cœur des heures sur ce qui se consume dans le secret: l'ouverture du ciel, l'enivrement du souffle et l'étreinte de l'horizon et des ombres.
jeudi 22 novembre 2012
Triptyque 8
Un chant de nuit hante les ruines de l'eau. C'est l'automne qui psalmodie ses dernières notes. Tout se déchire.
Un essaim de lumière desserre l'étau des ombres.Le chagrin en dérive glisse vers les rebords. Tout chuchote des mots doux et bleus .
mercredi 21 novembre 2012
Triptyque 7
En un élan une vision qui fuse, flotte puis s'évanouit.
Le silence force, le souffle se retient et miroite une cascade de songes.
Serait-ce l'écho éclaté qui serre les tempes...? On aimerait boire aux lambeaux de bleus qui bercent le voile de l'eau.
jeudi 15 novembre 2012
Triptyque 5
Surgi du gris du soir dans un frisson de bleu
un presque rien
un petit orgue d'eau
on frappe à la porte vitrée
un retour vers la source en un lacet de songes
drôle de trame
sur le tamis des sons
la douceur de la mousse
pour faire danser les cordes, délivrer le silence
mardi 13 novembre 2012
deux villes

En arpentant Paris, j'ai retrouvé Venise.
Ces deux villes, où piéton, j'absorbe et la mélancolie et le bonheur en un même breuvage. Deux villes où se traverse la démesure à trop hanter les pierres. Deux villes dévorées, délavées de ciel et d'eau, où le regard se déploie en quête d'illusions.
Deux expositions à découvrir :" Canaletto à Venise" au musée Maillol et "Canaletto et Guardi" au musée Jacquemart-André
lundi 12 novembre 2012
Triptyque 3
L'eau n'était pas morte. Elle souriait des échos des grands rires enfouis par éclats.
A la surface, froissés, les vents de l'éphémère dessinaient les voiles d'aube , celle au seuil de l'hiver.
Au réveil, on entendait battre le sang du rêve, et dans les plis de l'eau brûlaient des bouts de ciel.
samedi 10 novembre 2012
Triptyque 2
Cela se passe dans une nasse de bleus, dans cette tension qui traverse puis fait espace.
Cela s'incruste dans ce délié de songes où s'entretissent ombres et lumières.
Cela se condense dans le désir d'enlacer l'invisible.
jeudi 8 novembre 2012
Triptyque 1
Ce ne sont que des regards avec des mots qui s'impriment sur la rétine fraîche. Dans la voix, ils se recouvrent comme des tuiles.
Mais chacun est lumière de langue qu'il faut charger sur l'épaule du jour afin d'éclairer le pas. Dire alors le jour jusqu'à l'écriture.
Épeler la langue .
mercredi 16 novembre 2011
mardi 15 novembre 2011
samedi 13 novembre 2010
Autoroute
Mentalement je me représente le trajet réalisé par une longue ligne verticale ascendante (descendante au retour…) sur laquelle se greffent les paysages qui longent l’autoroute à droite et à gauche. Etudiant une carte routière, je sais bien que ce n’est pas tout à fait ainsi mais je préfère ma représentation mentale erronée … Assise - côté passager, je le précise - je laisse le regard caresser les terres, s’abreuver aux ocres et gris qui les colorent, s’engouffrer dans ces lignes horizontales creusées dans les entrailles d’un sol qui se prépare à l’hiver, contempler l’effeuillage différent des bosquets d’arbres et compter les clochers qui épinent les plaines. Traversant la Bourgogne, j’aperçois sur une colline l’exacte représentation d’une illustration d’un album raconté à maintes reprises à mes anciens élèves, je vois même les moutons et les barrières qui clôturent les champs et je ne serais pas étonnée d’y croiser le roi sur les remparts de son château dominant les terres, qui surveillerait les habitants dont les femmes aux longues robes balaieraient les restes d’un monde qui n’est plus…Parfois des biches, annoncées par la radio de surveillance de l’autoroute, sont aperçues paissant tranquillement dans un pré, au bord, sans crainte. Ces grandes étendues vertes et brunes qui se déploient , survolées de ballets d’oiseaux, sont émaillées, de temps à autre, de panneaux annonciateurs des sites remarquables qui bordent l’asphalte et invitent à quelques rêves ou échappées: “Pierres dorées”, Tournus, Beaune, Vézelay, Autun, Fontainebleau où nous irons, pour le plaisir simple de traverser - même sous la pluie - une immense forêt d’automne. D’un coup je suis plongée dans une campagne que je ne connais pas, mais malgré tout c’est un univers familier où je laisserais volontiers quelques heures mes pas errer entre ces feuillus. J’aimerais dresser le cadastre de ces chemins qui sillonnent les bois et m’enfouir dans la rousseur de l’immobilité d’un temps où je suis minuscule. Nous prenons alors des chemins de traverse pour rejoindre Milly-la-Forêt qui n’était pas prévue dans l’itinéraire mais qui colore la fin de parcours avec la visite inattendue de la maison de Jean Cocteau .
Nina Simone chante le blues qui accompagne le retour et lorsque les choeurs orthodoxes prennent le relai, le ciel se charge soudain d’une tendre gravité. Entre les deux , un séjour à Paris comme je les aime.
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