J'avance, avec de l'ombre sur les épaules.
( André Du Bouchet)
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lundi 6 janvier 2014
étincelles
on fait son chemin en regardant
ce qui en suspens interroge par
sa clarté son insouciance folle
le souffle d'un même vide qu'on
délivre avec des yeux d'enfants
mercredi 18 décembre 2013
doux émoi
l'instant n'a pas de nom.il n'est que murmure
de l'invisible et dessin dans l'éclaircie. il
brûle cependant et musarde par un secret écho
où des caillots d'immensité vacillent. lentes
paisibles et douces les pensées s'effilochent
comme écume de brume au matin sous une flamme
d'eau. dans l'intimité se trace le cadastre à
jamais martelé du pas de ceux qui sont partis
et se love doux émoi entre rêve et merveille.
samedi 14 décembre 2013
la première phrase
elle arrive ainsi en un creusement inattendu
de la langue muette.c'est une voix qui ombre
le silence du soir dans un suspens infime et
dépose une pommade de verre. éclats de songe
ou transhumance de mots on ne le sait pas et
peu importe. on enserre cette brume comme un
bouquet entre nos lèvres mortes et on écoute
crisser cette poignée de mots qui raye entre
deux blancs un désarroi tranquille.tessiture
froissée où équarrir d'une éclisse le chant.
lundi 4 novembre 2013
visage toujours
à tous ceux qui passent dans les songes
à peine croisés sous l'averse des jours
quand les yeux perdent la direction des
regards et s'évanouissent sous la voûte
d'un horizon improbable où glissent les
silhouettes les plus folles et joyeuses
samedi 2 novembre 2013
visage
les plis de l'eau comme un souffle sur la
pierre qui frémit entre les rais argentés
nous sommes entre deux mondes nos lèvres
tremblent à trop regarder le miroir empli
de nos rides mais l'espoir luisant sur le
visage de pierre ébranle les murs d'ombre
samedi 26 octobre 2013
étoffe
l'ombre des pensées lentement s'évapore
dans le berceau de ruines où la lumière
se cache. une étincelle un souffle tout
l'indicible se glisse dans le sillon du
soir. tout ce qu'on ne sait pas respire
sur le calme tapis des nuages tremblant
mercredi 23 octobre 2013
vision
quand les ombres frémissent se déploient les
paupières de l'aurore pour ceux qui guettent
les souffles et les murmures des visions des
nuits: ainsi l'espoir revient tel un torrent
où s'amoncellent les neiges qui se dissipent
et coulent pour recouvrir la cendre nocturne
lundi 21 octobre 2013
illusions
sans bruit aller cueillir la lumière à l'abri
et rester dans ce face à face sans rien faire
sans rien dire jusqu'au bout du regard rempli
d'un ciel déteint et de ses illusions rougies
quelques flammes dansent encore et nos doigts
n'étreignent plus rien qu'un rayon sans éclat
attendre sur le bord des paupières le passage
du silence où l'on se perd quand tremblant on
comprend tout ombre et obscurité nuit et mort
lundi 14 octobre 2013
vertige
la lumière vagabonde chante encore et le
remous des voix tranquilles étincelle au
fond du regard perdu qui s'aventure loin
de tout rivage: le point d'interrogation
éclate le songe naissant et tout vacille
mercredi 3 juillet 2013
visage 3
toujours et encore sans chercher ils sont là à
scruter presque à me faire de l'oeil à travers
l'eau ou les ombres,lutins farceurs ,complices
mercredi 26 juin 2013
visages 2
ils sont aussi dans la pierre face ou profil
offerts et rien ne peut les défaire une fois
la vision fabriquée sous le halo de l'eau et
moins oppressants sans doute car le grain de
la pierre apaise mais ils s'inscrivent comme
des plaies impénétrables où peuvent s'écrire
toutes les légendes dorées ces histoires qui
font rêver et emportent loin des jours plats
et futiles où rien ne survient sinon la nuit
lundi 24 juin 2013
visages
ils sont là dans ce miroir enroulés déformés
toujours à ricaner boursouflés de haine sous
une apparence joviale et fantasque remontant
des profondeurs de nos terreaux prêts à nous
grignoter la peau et à s'emparer des pensées
qui glissent soudain hors de la paroi opaque
où elles se terrent aspirées par ces bouches
goulues qui règnent sur ce royaume d'eaux et
de terre: reprendre souffle regarder au loin
jeudi 20 juin 2013
nappées de bleu
à grandes nappées de bleu la nuit sans savoir
où vont les pas sous la lune balancelle quand
épris d'absolu on s'en va respirer l'ombre et
suivre le sillage des ombres enfuies oubliées
ils sont devant ceux qui m'accompagnent à peu
de pas de moi mais ne peux les toucher encore
sinon avec des mots de mousse qui se déposent
comme des ailes ou des pétales de coquelicots
sur le bord d'une épaule et tout est si calme
(Le montage photo est réalisé en un dialogue Giacometti/Miro avec des photos prises au centre Pompidou)
mercredi 19 juin 2013
bleu Hantaï
froissée pliée dépliée la toile respire de
couleurs en un vitrail de bleus où pulsent
les déchirures de lumière.on entendrait le
dehors dans le dedans,un lacis d'arbres et
d'oiseaux emmêlés espacés où la mémoire se
fractale dans les traces de l'oubli.écrits
des blancs de nos vies dans ces fragments,
où perce le silence, ce qui échappe à tout
regard et laisse surgir une présence dense
(Les photos ont été prises à l'exposition Simon Hantaï au Centre Pompidou visible jusqu'au 2 septembre 2013)
mardi 18 juin 2013
bleu Chagall
comme penché à la fenêtre on regarde le bout
d'histoire qui se déroule avec ses songes et
ses délires ses anges et ses voiles les ânes
les violons les visages inclinés retournés à
contempler l'autre face du monde où nébuleux
les êtres aimés planent dans l'ombre du bleu
qu'il soit de prusse ou de cobalt ce bleu de
rêve qui dit la vie intense et l'union entre
réalité et inconnu : la couleur comme un mot
Les photos ont été prises à l'exposition Chagall au musée du Luxembourg à Paris
vendredi 14 juin 2013
jardin du Luxembourg 2
et toujours mes pas reviennent à la fontaine
médicis où alanguis demeurent le berger acis
et galatée avant que le cyclope polyphème ne
jette le rocher pour écraser son rival jeune
et beau que la jeune fille lui préférait. et
ovide raconte que galatée transforma acis en
rivière :le sang d'acis en eau coula.on aime
les histoires qui reviennent de loin,élégies
qui glissent entre les doigts d'aujourd'hui.
jeudi 13 juin 2013
jardin du Luxembourg
je marche sur la poussière blanche du jardin
du luxembourg avec la joie enfantine presque
ridicule de qui monte à paris avec le regard
neuf à chaque carrefour.je marche auprès des
ombres pour voir ce qui prend naissance dans
cette source secrète,dans ces recoins vagues
où tout s'épouse soudain entre feuillages et
pierres, chair et eau.je marche pour habiter
le doute caché là jusqu'à la ligne d'horizon
mardi 11 juin 2013
marché de la poésie
à trop s'attarder sous l'arche des livres,
une façon comme une autre d'être au monde,
on trempe ses yeux en des entailles fortes
de la langue où le poème éclipse le soleil
du jour pour tenir sur la crête de lumière
et tant bien que mal jouer avec l'horizon.
on croise ici ou là dans les travées ou le
bistrot du coin antoine emaz ou siméon .on
ne dit rien,on feuillette,on achète un lit
de mots où trouver des étoiles concassées.
jeudi 6 juin 2013
Lozère 3
et puis il y a les couleurs du vent qui
serpente entre les arbres,les montagnes
et la pierre qui s'élève,la course sans
fin du vent qui sourit des obstacles et
caresse les flancs d'ouest en est, fait
le vide sur sa route du nord au sud par
toutes les saisons, s'engouffre dans le
col des trois soeurs ,frôle les âmes en
une trouée du ciel où tremble la parole
mercredi 5 juin 2013
Lozère 2
il y a le ciel et la pierre intimement liés
dans la Margeride de la mélancolie grise où
le granite monté des entrailles de la terre
s'érige jusqu'à toucher l'azur.ses cristaux
dégorgent de mémoire où se frotte la mienne
et cela étincelle jusqu'aux larmes d'enfant
qui coulaient lorsque je repartais de cette
terre d'où je tenais des racines de paroles
à la saveur rocailleuse et au souffle léger
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