1/ D’étroites béances de sens se faufilent entre les coïncidences qui jaillissent parfois entre les êtres. Une adresse commune à des années d’intervalle, la photo d’un lieu auquel on est en train de penser et sur lequel même on creuse des sillons, pour lui faire dire sans doute plus qu’il ne peut en dire, quelques paroles d’une chanson offertes par hasard et qui se trouvent en écho parfait avec le présent.
2/ Entre l’autre côté et ce versant, je suis. Une harmonie semble s’être mise en place, et conserver un équilibre. Une texture de vie a tissé des pans de couleurs où tout se respecte, où tout a la possibilité de se réaliser. Entre les plis qui relient intériorité et extériorité, l’espace pour les émotions et la mise en mouvement. C’est tout un art de l’existence, cette fragilité à la fine pliure.
3/ Quand on se trouve à l’extrême limite de soi-même, au cœur de cette fatigue mentale que l’on ne peut ni maîtriser ni outrepasser, comme si l’on ne pouvait que rejeter un soi trop pesant, et l’abandonner désormais en dehors, dans un autre monde, où il puisse se régénérer. Ne rien faire d’autre que patienter, regarder l’au-delà de la fenêtre, le hors de soi, attendre la venue d’une vague neuve d’énergie.
4/ Entre la face visible et la face cachée de notre être, tout est lié, tout se tient, tout s’échange. L’écriture plonge sa plume dans les deux univers, à la fois ce qui se dissimule derrière l’épaisseur des buissons, et ce qui prend la lumière chaque jour qui se présente. Les deux mondes s’interpénètrent et se traduisent l’un l’autre dans une forme d’errance, de vagabondage. C’est comme si j’étais un arbre.
5/ La lecture intensive ou prolongée de certains auteurs, autrices plus précisément, laisse sans doute des traces, et cela ne me dérange en rien, dans le processus d’écriture ou de pensées qui s’ensuivent. Du vocabulaire que l’on n’utilisait pas forcément avant s’infiltre, nourrit, et poursuit son chemin, éveillant un prolongement d’état d’esprit ou de nouvelles harmonies qui revivifient la parole. Le silence derrière les mots dont on sait d’où il vient.
6/ Les embryons de projets, quelques notes tracées sur un carnet à la date du jour, le bégaiement de quelques commencements qui n’iront sans doute pas très loin, mais qui ont malgré tout le mérite d’avoir été noté et de trotter dans la tête et se permettre ainsi de se dire en vie. Brefs actes invisibles aux yeux de nos proches, mais qui fomentent en soi une envie d’être plus grand.
7/ Entre l’ombre et la lumière, la question du choix. Clair-obscur de nos vies. Mais incandescence aussi. Là s’insinuent les filaments de l’intuition et des univers peuvent se mettre en espace. C’est là que l’écriture peut faire son miel, après avoir creusé la glaise, fourragé dans les replis, extirpé toutes les solutions acceptables, sans savoir vraiment ce que l’on cherche à dire et même si l’on cherche à dire quelque chose.
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