J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

dimanche 16 novembre 2008

plein de larmes



Ne pas être ce qu'on est.
Se chercher, ne pas vouloir être ce qu'on est , être un autre, sans avoir fait le tour de soi.

Trouver sa place dans la vie, ce peut être long.

Je suis un vaisseau désemparé. On renfloue un navire coulé, pourquoi ne renfloue-t-on pas un homme?

C'est sur la peau de mon coeur que l'on trouverait des rides.

Je suis déjà un peu parti, absent.
Faites comme si je n'étais pas là.
Ma voix ne porte plus très loin.

Mourir sans savoir ce qu'est la mort, ni la vie.

Il faut se quitter déjà?

Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.

Henri Calet " Peau d'ours" ( Gallimard 1958)

5 commentaires:

estourelle a dit…

Passant comme la pluie et passant
comme tout ce qui passe ici...

-- mais qui parle, qui
parle donc ainsi, à toute heure,

entre les bras du noyer, contre les portes
et sur la page où tu t'entêtes

à ravauder ta vie avec des ailleurs
, des toujours, des encore tandis
que la nuit vient

et toutes les fatigues. Le café a froidi,
tu n'as pas vu sombrer les neiges,

l'enfant grandir, le chien s'en aller
et s'est à peine si tu peux lire encore

les signes que ta main a tracés
et qu'une autre, invisible dans l'ombre,

détourne et fait doucement bruire
comme en passant sur les vitres

la pluie qui va tournant la page
du ciel et de la terre.

Guy Goffette (le pêcheur d'eau)
En écho à tes tois textes:
Fins des terres - Ecart et peau d'ours!...

Laura a dit…

C'est tout à fait çà....

polly a dit…

Celui-là je ne le connaissais pas, tu l'as eu en bibliothèque? ou tu l'as trouvé en magasin? Incroyable, j'adore Calet...

Laura a dit…

C'est le premier livre de Calet que je lis! et j'espère bien continuer. Je l'ai pris à la bibliothèque mais on le trouve dans la collection L'imaginaire.

azalaïs a dit…

c'est un texte qui me touche énormément, il est tellement proche de ce que nous cherchons encore et encore: nous!