J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

dimanche 6 février 2011

Regard 51

S'écrirait presque le printemps avec cette lumière et l'absence de blanc sur les terres du jardin. Le recommencement. La tension des branches. La libération des oiseaux. Le silence est posé, soutenu par l'agitation sous le cotoneaster: méli-mélo de merles aux becs jaunes sur les baies rouges. On voudrait croire à ce qui naît. Demain qui serait déjà là. La tête dans les bleus. On ouvrirait le tiroir sous les branches serrées du cyprès pour donner naissance à une langue nouvelle, avec des lettres rondes, des pleins et des déliés, une chorégraphie de signes qui chanterait le ciel. Les ronces de la mélancolie ne seraient plus que quelques taches oubliées sur le talus et l'on dessinerait autour des petits pétales rouges, simples coquelicots. S'écrirait presque le printemps sans ponctuation

1 commentaire:

brigetoun a dit…

le renoncement rendu beau