J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

mercredi 6 avril 2011

Regard 56

La branche oscille encore, laissant présumer qu'il y a peu un oiseau se balançait ou contemplait , tout comme je le fais, la chevelure blanche du prunier. Cela chante. J'aperçois quelques corps d'oiseaux qui ne sont pas ceux des mésanges habituelles. Sur la gauche, le cerisier est lui aussi couvert d'une nuée blanche, moins foisonnante. A droite, les bouleaux peinent à lancer des trainées vertes vers le ciel. De gros insectes captent mon regard, enchevêtrant leurs vols autour des grappes de fleurs: je lis les traces comme un message de signes, une écriture secrète dont je devrais découvrir le sens. J'erre de fenêtre en fenêtre à la recherche d'une nourriture que je ne trouve plus. Je reprends place devant mon cadre familier. Le soleil inonde mon visage et le trapèze tapi de primevères répercute une clarté dont on aimerait se parer. J'éloigne le fauteuil de la fenêtre, me rencogne dans l'ombre, à toucher les limites. J'attends ce qui pourrait briser. Sur l'autre fenêtre, celle qui fait face au prunier, une mésange frappe soudain au carreau comme tous les matins depuis quelques jours . Un singulier dialogue s'installe où l'hébétude  et l'espérance croisent leurs fils: habiter cet instant insolite et dériver sur ces mots soufflés. Dénouer, renouer la trame des silences.

2 commentaires:

brigetoun a dit…

on est bien, n'est ce pas ?

Laura a dit…

Oui on est bien ,dans cet interstice qui se révèle...