J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

samedi 14 décembre 2013

la première phrase


elle arrive ainsi en un creusement inattendu
de la langue muette.c'est une voix qui ombre
le silence du soir dans un suspens infime et
dépose une pommade de verre. éclats de songe
ou transhumance de mots on ne le sait pas et
peu importe. on enserre cette brume comme un
bouquet entre nos lèvres mortes et on écoute
crisser cette poignée de mots qui raye entre
deux blancs un désarroi tranquille.tessiture
froissée où équarrir d'une éclisse le chant.


     

4 commentaires:

mémoire du silence a dit…

J'aime "cette pommade de verre" et cette forme sans majuscule après le point.
c'est beau.

Patrick Lucas a dit…

elle arrive tendre
souvent brutalement
dans une urgence
bouleversante

Laura- Solange a dit…

oui une vraie tendresse...
merci à vous deux!

MARTY a dit…

parfois elle reste un moment sur le bout de la langue avant de glisser entre les lèvres !