J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

jeudi 4 juin 2015

Extraction 21

matinée où l'on s'engorge de photos à Chioggia en longeant le canal où se reflètent le linge qui sèche, la bâche rouge du marché aux poissons et des voiles laissées là juste pour que le plaisir des photos envahisse et laisse dans une sorte d'état second où l'on semble dériver, ne sachant plus si c'est bien une réalité qui se traverse là ou un songe d'une sorte d'éden, puis on revient par le marché qui enserre et empêche tout envol de pensée, et après un peu de route avec une circulation dense, on arrive à Pomposa que je vois pour la première fois et c'est l'austérité et la grandiloquence du campanile qui me cueillent : on se laisse porter par des détails de peinture effritée, des pavements à arpenter du regard, des murs au crépi qui se délite, un bénitier soutenu par des nains difformes, des fresques de Vitale da Bologna où se déploient les récits , en haut l’Ancien Testament, au milieu la vie du Christ en bas autour des arches  l’Apocalypse, et on resterait là des heures, vagabonds célestes, à frotter son regard à cette forme d'errance, tentant d'absorber toutes ces histoires et je sors de l'église avec cette dernière image du jugement dernier où les âmes rejoignent un paradis ou un enfer selon la décision, avant de contempler les bas-reliefs de la façade dont les symboles me resteront liés.

   


extractions et remodelage de notes du 16 avril 2015

2 commentaires:

brigitte celerier a dit…

je ne me permets pas de vous envier ! non je ne me permets pas

estourelle a dit…

Comme on retrouve bien le parcours lent et méditatif de notre voyage dans ce parcours-récit d'un voyage réel imaginaire et intérieur, on se revoit dans cet autre monde autre décor, tellement chargé en images et sensations (merci de si bien le dire l'écrire)