J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

lundi 2 mars 2026

Ricochets/ Année 3/ Semaine 9

 


1/ À peine perceptible, l’arrivée du printemps. Ou peut-être en ai-je tellement envie que je la perçois à travers de minces petits riens. Des lueurs clignotent, des rayons de lumière se font plus intenses, des branches se parsèment de boutons de fleurs, des chants d’oiseaux s’intensifient, les pans de murs autour de moi s’éclairent, la chaleur du soleil se ressent, des signes auxquels je m’accroche. Je suis prête pour un vrai printemps.

2/ De l’aube jusqu’à la nuit, entre les tranches d’un livre, savoir trouver refuge. Et oubli. D’entre les choses du monde qui tourne de travers, s’extraire et s’amarrer à des mots qui mènent loin de tout. Se laisser baigner de la lumière d’un autre ciel. Comme lorsque, enfant, assise sous la table de la cuisine, bien protégée, on s’exilait dans les aventures du Club des cinq, jusqu’à devenir l’un d’entre eux.

3/ Ce qui se laisse entendre dans la langue, ce que chacun croit entendre ou lire lorsqu’il se trouve dans le champ de la langue, et que l’esprit part dans une dérive où l’entraînent les mots, et que les idées trop vite recouvrent d’une chape et les étouffent, les coupant de leurs racines et donc de leur signification première : de la difficulté de se comprendre et de comprendre le monde.

4/ Chacun sinue dans son propre espace, un monde où il est nécessaire d’avoir le sésame ou savoir tout au moins déchiffrer les codes pour y pénétrer et pouvoir comprendre la langue que l’on y parle. D’espace en espace il y a une forme de dérive en étranges arcanes ; on se tient alors dans un entre-deux d’où observer , sans pouvoir faire le pas définitif et rester dans son chez-soi.

5/ Des barricades dressées autour de soi pour se donner l’impression d’une stabilité, d’une assise sans inquiétude. Mais il y a des ondes de déplacement dans le dedans comme dans les dehors et l’équilibre est une notion empreinte de fragilité et difficilement pérenne. L’écriture est vue alors comme une corde qui se déroule dans la marge où les doigts tentent de s’agripper. Ce qui s’écrit là donne alors tout le sens.

6/. Le cerveau toujours en ébullition. Les idées jaillissent, s’élèvent et s’évaporent aussi vite. Ralentir. Baisser un peu le feu sous cette casserole et laisser mijoter les idées avec plus de lenteur. Se donner le temps de faire dorer tout cela. Et prendre les mets avec parcimonie, goûter ce qui vient de mûrir et de prendre une couleur désirable. Cultiver une certaine exigence de la forme pour être.en accord avec soi.

7/ Faisant chaque jour la liste des chose à faire, j’accumule des monceaux de papiers que je jette à la fin du mois. Je constate que j’ai cherché tout au long des jours à bien cadrer ce que je souhaitais réaliser afin de maîtriser au mieux le temps, et tenter de ne rien oublier : des conférences à écouter, des ateliers d’écriture à préparer, des projets d’écriture, en respectant une hiérarchie.

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