Très jeune, elle écrit en marge de sa première photographie : Me connaître, c’est le but du silence dans ma vie.Quelques années plus tard, ultime confidence griffonnée au verso de son œuvre finale, on lit : Cheminant en terre du vide, seul avec le seul.
[…]
Depuis l’enfance, instituteurs et parents ne se rendent compte de rien. Son air réfléchi, sa calme absorption en classe. D’un sourire on compare la jeune fille à un jour férié, à ce jour de repos solennel, d’ennui inoffensif, qui endeuille la fête des jeux. On laisse Fausta à son dimanche.
Tous ignorent qu’elle rêve du jour où elle les quittera, qu’un recul d’enfant, faussement attribué à la timidité, l’écarte des amusements d’écoliers, qu’à toute autre compagnie, elle préfère la fenêtre de sa chambre. Personne ne l’y voit, le soir, à l’écoute, derrière les bruits de la ville, de quelque chose, elle ne sait pas, de rien peut-être.
Pierre Cendors "Engeland" ( Quidam Éditeur)

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