J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

dimanche 10 mai 2009



dans les recoins d'un passé
qui ne pèse plus rien
on rêve encore
à ce qui aurait pu être

on creuse

là où passe l'air

sur le pan de mur gris
la peau s'effrite
au bord
des temps perdus

on ne sait plus pourquoi

on est venu
peut-être simplement
regarder
par la fenêtre

4 commentaires:

estourelle a dit…

Derrière les fenêtres
les regards
cherchent inlassablement l'espace
à déchiffrer le temps
à cadrer l'instant
ou peut-être autre chose...

Dans les pans de mur en ruine il reste une fenêtre pour le rêve et-ou pour l'écriture mais la "nostalgie camarade!" nous accompagne...

Bifane a dit…

J'ai vu ça, senti aussi, d'une humeur tellement familière, presque siamoise : des villages entiers, en Espagne, où la vie s'était comme d'un seul coup effacée, sans qu'on sache vers où ni pourquoi. Il restait des traces, des infimes, des fragments, vaisselles et boutanches, quelques lectures, une cuisinière. Par exemple, ça pouvait être ancien : des arbres avaient poussé au coeur des maisons, quand les toits avaient terminé de s'effondrer. Un amoureux des lieux communs disait "la nature reprend ses droits" : il semblait pas savoir comme le silence vaut des fois mieux que le vide des mots...
Je savais pas non plus pourquoi j'y venais, pourquoi me plaisait tant d'y être non plus, et peut-être bien que c'était comme ça : de regarder par une fenêtre et de songer à tout ce qui fut et cesse, comme ce qui n'est et sera. En somme, un regard sur l'éphémère de ce qu'on croit immortel...
Très belles photos, au passage...

Laura a dit…

C'est un lieu où je reviens d'année en année constater les ravages du temps. C'était autrefois une belle maison face à un paysage magnifique. Le paysage est toujours aussi beau mais la maison , faute d'entente, s'est délabrée jusqu'à la ruine .
Estourelle il me semble t'y avoir emmenée (il y a longtemps!)
Bifane, ravie de ta visite et de ce que tu écris.

Azalaïs a dit…

creuser pour ne rien pouvoir reconstruire c'est toujours épuisant et pourtant on n'en finit pas de creuser même si ça fait mal
bises