J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

samedi 8 mai 2010

Talus

Presque aucune des routes où j’ai aimé m’engager, et qu’aujourd’hui encore j’aime reprendre, qui ne m’ait été, qui ne me demeure, comme une ouverture musicale, qui n’ait remué devant moi au bout de sa perspective les plis et les lumières d’un rideau tout prêt à se lever.” (Julien Gracq “Carnets du grand chemin”)

Comment dire cela…j’aime tout particulièrement les talus qui bordent les routes. Les hauts talus tranchés dans la terre, veinés d’une longue histoire. Ceux qui étalent les entrailles de cette terre, comme on donne à lire un journal intime, d’une manière impudique, et sur lesquels on aimerait laisser glisser la main, ou mieux encore, frotter tout le corps sur cet épiderme.

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J’aime y voir les souches survivantes, les changements de couleurs de la roche, la vivacité des coquelicots, la ténacité des bruyères, l’engouement des épilobes, les basaltes érigés en orgues, les calcaires rivalisant de pastels, les grès ou les granites granuleux… Toute une liberté fulgurante s’insinuant dans les failles de la terre, les échancrures d’une vie.

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(L’intégralité de ce texte est à découvrir sur Kaléîdo’blog)

3 commentaires:

Estourelle a dit…

Je ressens bien cela dans les errances vagabondes au fond de villages perdus au milieu de nul part et que le regard accroche
d'infinis détails...Le long de chemin qui nous parlent de nous. "Ils restent en mémoire comme des écheveaux de brume
d'infinis détails...Le long de chemin
Et tu le dis si bien...

agnès a dit…

J'ai la même attirance...

Laura a dit…

Bienvenue Agnès, nous allons fonder le groupe des fêlés des talus...! !!