J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

dimanche 28 novembre 2010

se perdre


"Se perdre, c'est en effet, tôt ou tard, se retrouver, s'y retrouver, et alors redécouvrir la saveur du territoire où l'on errait ; une entreprise de réassurance, comme, pour l'enfant, le soulagement à la vue de sa mère qu'il croyait définitivement disparue. En outre, la peur "pousse au risque, à l'errance, au voyage vers l'inconnu et maintient l'appétence" *.
Se perdre n'est pas anodin et ressortit à une crainte bien particulière, sourde, latente, non avouée, existentielle, peut être version light de la peur de mourir? Comme on perd un objet, se perdre c'est être privé de son propre, s'absenter, non pas des autres qui vous entourent, mais de soi. Ne plus être présent à soi-même. Et perdre son chemin, être dévoyé, c'est se perdre en chemin, errer donc, s'égarer, sentir ses propres repères spatio-temporels disparaître. Perte des sens , perte du sens."

*Joël Vernet " Celle qui n'a pas les mots"

Martin De la Soudière "Poétique du village, rencontre en Margeride" (Stock  septembre 2010)

2 commentaires:

Estourelle a dit…

paradoxe de la perte et de la présence mais je crois qu'on touche du doigt une béance régénérante!!!...

??? (Poser une idée s'est déjà s'interroger)

:)

Laura a dit…

Heureusement qu'on n'arrête pas de se poser des questions, de se perdre, se retrouver (parfois)...vive l'errance!