J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

lundi 10 août 2015

Caresse

Lorsque la main s'égare sur le kaléidoscope d'éclats que l'écorce décline, on écoute palpiter, paume grande ouverte, l'esquisse d'un désir qui sourd comme une musique ancienne. On est au seuil d'un inconnu qui naît entre nos épidermes. Cela étreint comme un silence qui se déroule lentement entre deux regards immobiles, se fixant avec l'intensité d'une première fois et se sachant à la lisière d'un nouveau monde. Dans cette chambre d'écho ne se dit rien d'autre qu'une sorte de poème où riment des murmures, un balbutiement parfois. L'arbre est là, sous la peau, dans cet oubli de soi, ce bruissement de rien: l' impression d'étreindre le monde plein de mystère et d'ombre.
La main tâtonne, se perd dans ce débordement entre blessure et douceur, entre ce qui est dit et ce qui ne peut se dire. Et puis la mousse au bas du tronc où la main se repose.




1 commentaire:

MARTY a dit…

superbe texte...
et sous l'écorce blessée coule la sève encore