J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

vendredi 2 décembre 2016

Dans des maisons inconnues



Je sais ce qui devrait se tenir derrière cette porte, mais je 

sais aussi que cela n'y est pas. Dans cette conjugaison de 

silences et d'images qui m'ensablent alors, je me resserre 

dans l'angle mort de mon corps. Cela sent la poussière, la 

poussière noire de la ville d'avant, celle que l'on nommait  

ville noire, ce poussier qui s'insinuait sous les ongles, ou qui 

se collait dans les narines et tachait de noir les mouchoirs 

bien repassés, ce noir du dedans avec ses cendres 

d'angoisse, qui s'échappe soudain et me terrifie. Cela sent la 

moisissure et l'abandon, avec cette odeur âcre de renfermé 

qui semble me pénétrer et me revêtir d'un relent

d'immondices. Cela suinte de je ne sais quelles oubliettes, 

cela déborde de quelque interstice, entre hébétude et 

vertige, lézardant les palissades d'ombres.


Extrait du texte que j'ai écrit pour la dernière séance de l'atelier d'été animé par François Bon et publié dans un livre qui regroupe les 58 participations à cet atelier. Vous pouvez retrouver ici la consigne qui a poussé l'écriture! Fière quand même d'être aux côtés de belles plumes....

2 commentaires:

Mariepierre Redon a dit…

Tu es toi aussi et toi même un oiseau rare. Pour ce qui est des ongles noirs ce soir c'est feu d'artifice, on peut lire la suite?

Laura-Solange a dit…

L'oiseau rare te remercie!!! Je vous montrerai le livre à l'atelier...!