J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

jeudi 30 janvier 2020

cartographie


Elle cartographie ce qui hante.
Voit ce qui est fêlé, et ce qui laisse trace. Ordonne le chaos. Le regard s’insinue dans l’absence de sens. Dans la certitude que le sens est caché. Elle cligne des yeux devant la lumière qui coupe net ce qui ne se dit pas , que l’écriture dévoile entre parenthèses.
De ce puzzle d’ombre et de lumière, sous un soleil d’écailles, une vibration de guillemets dessille les paupières.
Empêtrée dans une sensation de vide, elle n’entre dans rien mais regarde des morceaux de ce qu’elle pense avoir été.
Fixe une fissure, et le noir du dedans. L’haleine de l’ instant, puis plus rien. Tout semble desséché: une chambre de silence. Aux aguets d’un frémissement, d’une saveur de soi, d’un visage de jadis, de lèvres humides et rouges d’un avenir.
Poursuit les lignes de fuite, sort enfin du cadre où remuent les amples racines antérieures, et brise les gémissements du miroir. Cède au charme de l’appel des lointains.
Cela vibre des cris des anges .


1 commentaire:

Ange-gabrielle a dit…

Un de tes plus beaux textes (parmi ceux que j'ai lus). Il résonne profond en moi