J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

lundi 23 août 2010

Regard 28


Serait-ce que le regard n'est plus le même? Irrigué de Michon, Cixous, Rilke ou Proust, il lit l'espace révélé de la fenêtre avec la densité des ombres. Mais il lit quand même. La bruyère, les bambous, les feuilles des primevères oubliées, parsemées de ces taches de vieillesse que nous découvrons tous un matin, piquetées sur la peau murmurant " hâte-toi...". La mousse sur les pierres verticales , le cyprès immobile,fidèle sentinelle , les branches de thym découpant le vide, le buis biblique, le petit pin si discret mais droit, un rameau de ronce entre les branches du sapin bleu qui entrave peut-être... Tout est donné.  La lumière s'infiltre, écarte le regard , et même si elle n'a pas de bras pour nous porter *, elle contient le monde. Un corbeau égaré croasse, une pluie fine se met à glisser sur le jardin. Je suis bien. 
Au travail.



*Pierre-Albert Jourdan

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Michon, Cixous, Rilke ou Proust : me voici en pays ami et souvent fréquenté !
Il en faut du temps pour connaître ceux que le hasard des forums nous fait rencontrer...


"ces taches de vieillesse que nous découvrons tous un matin, piquetées sur la peau murmurant " hâte-toi..."."
Ce sont là des paroles que je me répète à longueur de temps : hâte-toi, tu arrives près de l'autre bord... Ne t'égare plus, si tu peux.

Merci Laura !

agnès

Estourelle a dit…

Reprendre sans cesse
la tâche sur le métier
accompagné

Laura a dit…

Estourelle,en lisant ton tercet, je m'aperçois que j'ai oublié de poser mes trois vers habituels! Heureusement que tu veilles!
Agnès je ressens de l'enthousiasme dans ton commentaire, cela me touche. Merci!