J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

vendredi 3 décembre 2010

Regard 42

Deux feuilles de bambou rescapées transpercent la lourde neige tombée depuis quelques jours. Les arbres recouverts de manière inégale semblent des prophètes égarés tentant de résister à la pensée dominante. Une masse blanche pend au-dessus du muret qui retient le talus: c’est une barbe de thym que je suis seule à connaître. Les merles, mâles et femelles à tour de rôle, se glissent sous le cotonéaster pour grappiller quelques baies et s’abriter un peu du froid. Je guette la mésange qui ne vient pas ce matin. La neige se remet à tomber, non dans une verticalité, mais dans une folie d’arabesques que je n’arrive pas à déchiffrer. Mes pensées sont ainsi, agitées de nord au sud et d’est en ouest, se posent sur les grands sapins ou épicéas qui peuplent l’espace à l’arrière plan entre les deux maisons  me surplombant et ils m’entraînent en un songe éveillé vers de grands espaces boisés, de lande blanche, de silence, de solitude. Les mots resteront à l’orée.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

A l'orée de laura quasi palindrome bravo !

Laura a dit…

Anonyme tu as fait une belle découverte! c'est vrai que j'aime beaucoup cette expression "à l'orée"...