J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

lundi 6 décembre 2010

Regard 43

Au réveil , plus aucun brin de neige mais le retour de toutes ces nuances de vert et de terre qu’il est si difficile d’emprisonner dans la langue. Les verts franc ou émeraude des tubes de gouache ne suffisent pas à définir la palette étalée dans le jardin, rehaussée d’humidité, dont la mouvance alliée à celle du soleil et des ombres dresse une mosaïque qui résonne et submerge le regard. Le cyprès se patine d’infini alors que le sapin bleuté verse dans la profondeur. Accoudés l’un à l’autre, branches emmêlées, leurs silhouettes denses et sans faille enferment les traces d’aube qui resteront un mystère. Postée dans mon abri, je guette les lumières qui glissent sur leur ramures, espérant qu’elle délivre les mots, dans leur sillage. Seul, le silence.

2 commentaires:

Estourelle a dit…

On ne profite jamais assez de ses jardins, de simplement les regarder
...

Laura a dit…

Le regarder me suffit; c'est de s'en occuper qui est plus difficile!!!