J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

samedi 16 mai 2015

extraction 18

sur un marché le matin à mirano, je vois et caresse des robes au toucher particulier et à la coupe d'autrefois, un peu amidonnées comme celles que portait maman quand j'étais petite, et passant les nombreux étals, je laisse ma main vagabonder comme mon esprit plus tard qui, alors que je souhaitais compter le nombre de ponts franchis dans la journée, se laisse happer par tout autre chose que des nombres en découvrant santa maria dell'orto et son clocher à bulbe recouvert de tuiles en écailles et ses nombreuses statues surplombant le parvis, mes photos de l'intérieur de l'église sont ratées – sainte agnès est floue – mais heureusement, séduite par l'exposition de angelo toppazzini installée dans le cloître adjacent où je resterai un long moment dans ces frammenti del tempo, je tenterai de recréer à mon tour par des reflets dans les photos une impression de décalage du réel, ce réel qu'il faut accepter dans la fatigue et la douleur lorsque je tente de reprendre des forces à l'église des gesuiti dont le choeur surchargé de colonnes grises vrillées entortille le peu d'esprit qu'il me reste








extractions et remodelage de notes du13 avril 2015

3 commentaires:

brigitte celerier a dit…

émerveillements

Patrick Lucas a dit…

tout en émotions

estourelle a dit…

le réel se mêle à nos rêves
cela nous pousse en avant
cela nous tient debout