J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

mercredi 23 décembre 2015

bascule




se dire qu'on y est encore , que l'on ne fait qu'un avec ce qu'on a vu ou cru voir, que l'autre en soi a surgi là dans ce regard flou qui s'est posé sur l'eau, que ce qui se réfléchit  est plus vrai que le réel qui ne suffit plus depuis longtemps, que le cœur bat plus fort à cause de ce petit souffle de vent qui vient de plus loin, et que il n'y a pas de limite au-delà du regard, même si cela s'ouvre sur le vide et emporte

samedi 19 décembre 2015

Mondeling


Guillaume Vissac " Mondeling"( Editions Publie.net novembre 2015)
photo de Junku Nishimura

Quatrième de couverture:

Fruit du travail du photographe Junku Nishimura et de l'écrivain Guillaume Vissac, Mondeling nous immerge dans un univers nocturne, à la fois fascinant, inquiétant, désespérément sombre, et follement humain.
Les deux auteurs, dans ce dialogue où mots et images s'entrechoquent, nous invitent à pousser la porte d'un petit bar obscur à l'atmosphère confinée. Pousser la porte de cet établissement quelconque, un peu miteux et à peine accueillant mais chargé de sueur et de chaleur humaine, perdu dans les bas-fonds de la ville, et s'y installer le pas trainant, à côté d'autres que l'on ne connaît pas, que l'on ne reverra plus, silhouettes incertaines et monologuantes. Pousser la porte de cet établissement MONDE, comme l'on pose lourdement ses fesses sur le bord d'un tabouret, les coudes sur le comptoir, la tête entre les paumes (.... )
Pousser la porte donc et goûter à ces âmes noires et pures, à ces âmes folles et mouvantes, comme l'on presse ses lèvres dans un alcool fort.
Parce que la nuit colle à nos peaux et à nos âmes.
Parce que les mots se diluent et flambent dans l'alcool.
Parce que nous sommes humains.
 
Ce livre peut être lu en numérique et en papier ; il peut se commander chez votre libraire.

mercredi 16 décembre 2015

passage à vide


Cela jaillit, cela s'étire, cela envahit . Gouttes, pluie, source, larmes,  sueur, sang,  ombres décapitées, rumeurs, vagues, mots, rides.... Puis cela vibre à peine, s'essouffle,  craque,  grimace, s'efface, se tait.

jeudi 10 décembre 2015

se recentrer

ce qui brûle
dans la bouteille d’encre
là où prend source le regard
en dedans

le goût de l'espace
vaste et lent

la poésie ?

Cette rubrique Détourtweets comme une deuxième vie pour des messages récoltés çà et là... (merci au compte tweeter de Brigetoun !)

mardi 8 décembre 2015

Stations ( entre les lignes)

Gris, gris, gris dehors et noir, noir, noir dessous. Noires et funèbres les rangées de dos devant moi . A quelles obsèques courons-nous à cette vitesse? Aller vite dans ces boyaux d'enfer relève de la recherche de l'issue kafkaïenne, ce qui prend figure de liberté, car à celle-ci nous n'avons pas accès. Oui, fuir, fuir, vers rien qu'un autre mur, un autre couloir, une autre contrainte, fuir pour ne pas dépérir, car c'est bien de cela qu'il s'agit, s'échapper. Quoi devant,on ne sait pas.
Lignes de fuite, lignes de vie, mêlées, je vois bien que plus ma vie sociale me pousse à la précipitation, plus mes mots sont lents. Je sais la valeur de la fuite, la mort aux trousses et la nécessité de vitesse qui l'accompagne, qui sont à la mesure du danger qui me guette, ne plus avoir d'issue, rester là, bras ballants, collée à la contrainte du ciel disparu, à l'illusion du choix de l'embranchement.

Jane Sautière " Stations ( entre les lignes)" 
Editions Verticales 2015 


dimanche 6 décembre 2015

impalpable



Sur les ailes de l'œil , il y a d'autres voix qui s'élèvent comme un ciel qui se déploie. Des étoiles irisent le ruisseau de pierres où se recrée l'histoire à fleur d'eau. Laisser l'angle du réel et prendre lumière dans les sillons du songe.

vendredi 4 décembre 2015

où prend source le regard

dans le temps étroit des ordinaires
j'écris un ciel qui te ressemble
en contrebasse
où les anges sont muets
à l'horizon violet des regrets

mercredi 2 décembre 2015

Noireclaire

Le chat n'a qu'un maigre filet de voix pour tout dire. Moi je n'ai que l'écriture.

Je cherche l'heure où la gorge se serre.

J'ouvre la porte et laisse Bach courir vers le tremble. Ils rient du même rire.

Chaque seconde perdue à regarder sans intention par la fenêtre retarde la fin du monde.

Christian Bobin " Noireclaire" ( Gallimard 2015)